Imprimer

Le Baromètre IFS/DOMITYS « QUI SONT LES SENIORS ? »

Écrit par Institut Français des Seniors. Publié dans Etudes

Le Baromètre IFS DOMITYS « QUI SONT LES SENIORS ? »

Méthodologie

SONDAGE fait sur le panel SILVER TESTEUR de l’INSTITUT FRANÇAIS DES SENIORS pour DOMITYS. Interrogation de 7200 personnes de 50 ans et plus du 13 au 28 février 2018. 1433 questionnaires complets.

Redressement des résultats selon la méthode des quotas selon l’âge, le sexe et le code postal.

Les seniors sont globalement heureux et se déclarent satisfaits de leur vie actuelle.

Ils sont en bonne forme. 8 sur 10 se déclarent satisfaits de leur état de santé. C’est une constante dans le temps. Une autre étude faite par IFS en 2015 donnait le même résultat.

Ils se déclarent satisfaits dans les mêmes proportions de leur vies sociale et familiale. Ce regard positif est général ; il y a peu de différence entre hommes et femmes, pas non plus selon l’âge.

Il y a cependant 2 sujets sur lesquels leur enthousiasme est plus nuancé :la vie amoureuse (voir plus loin le détail) et l’argent.

Les seniors et l’argent

Presque un sur deux (47%) n’est pas satisfait de sa vie sur le sujet « argent ». Même si les seniors ont un pouvoir d’achat supérieur de l’ordre de 10 % à celui des moins de 50 ans, ce chiffre nous rappelle que leurs revenus ont baissé avec la retraite. Mais paradoxalement la tranche d’âge (les plus de 75 ans) qui a les revenus les plus faibles est la moins insatisfaite coté argent (1/3 seulement). Sans doute parce qu’avec le temps ils se sont habitués à leur niveau de vie contraint et que certains besoins couteux (voyages lointains, technologies …) disparaissent à ces âges-là.

Ils sont cependant peu confiants quant à leur avenir .

72% déclarent avoir des craintes pour leur avenir, les femmes plus (78%) que les hommes (65%). Les jeunes seniors (50-64 ans) le sont même un peu plus encore (76%).

De quoi plus précisément ? sans surprise dans l’ordre de leur santé (8 sur 10), de leur argent (6 sur 10), d’être une charge pour leurs proches (1 sur 2) et d’être seul (36%) et de devoir quitter leur logement (29%).

C’est sur la peur de la solitude qu’il y a une différence hommes/femmes : 43% des femmes la craignent contre seulement 27% des hommes.  Très logiquement, les plus de 75 ans sont presque 1 sur 2 à avoir peur de vivre seul et 6 sur 10 à craindre d’être une charge pour leurs proches. Des chiffres qui sont les signes d’une angoisse forte.

Ils se sentent peu seniors et encore moins vieux.

Une forte différence entre l’âge perçu et l’âge réel : Ils se sentent physiquement 6 ans de moins que leur âge réel et même 11 ans de moins intellectuellement. 58% ne sentent pas seniors et 92% pas vieux.

Des générations pivots très mobilisées au service de leurs proches.

Ils ont en moyenne 2,3 enfants (vs 1,9 dans les jeunes générations) et 3,2 petits enfants en moyenne. Les seniors d’aujourd’hui s’occupent des uns et des autres. La famille est la valeur centrale qui réunit toutes les générations. 41% voient leurs enfants une fois par semaine. Près d’un sur d’eux sont papy sitters réguliers dont 23% chaque semaine. Un chiffre élevé à mettre en lien avec le taux de divorce des générations plus jeunes. Rappelons que le temps passés par les grands parents en garde d’enfants est supérieur aux heures travaillées dans les crèches.

La problématique du care est celle des 50-64 ans essentiellement.  53% des jeunes seniors ont encore leurs parents et s’en s’occupent, une part qui diminue de moitié à partir de 65 ans. Cela finit par structure leur vie : les ¾ y consacrent de 1 à 10 h par semaine. On comprend la souffrance des 4, 3M d’aidants familiaux en France. Des chiffres qui peuvent expliquer la crainte exprimée sur l’argent : les dépenses des familles liées à la perte d’autonomie vont plus que doubler d’ici 2060 estimait en 2016 le Conseil d’analyse économique. 

Les seniors d’aujourd’hui sont branchés !

68% utilisent Facebook, c’est même encore le cas de 55% de plus de 75 ans. Plus d’un sur deux utilisent Skype et un tiers WhatsApp compte tenu de l’importance qu’ils donnent à leur vie familiale.

Pour les seniors qui ont internet, c’est le cas du panel Silver Testeur, la moitié y passe plus de 2h par jour, une pratique égale entre hommes et femmes et quel que soit les âges.

Leur logement : bien aujourd’hui, demain on ne sait pas bien.

Comme pour la santé, ils sont satisfaits de leur logement d’aujourd’hui (9 sur 10). Mais quand on leur demande s’il leur semble adapté à leur situation de demain, seule la moitié répond oui. Ils attendent d’un lieu de vie de la relation et de la sécurité : ils classent quasiment au même niveau les critères « pouvoir rencontrer facilement d’autres personnes », « être proche de quelqu’un de ma famille », « être en sécurité », « être en centre-ville ou proche ». Ce quels que soient les tranches d’âge.

Quand ils auront 70 ans, ils s’imaginent majoritairement vivre chez eux mais seulement la moitié en est sûr. On parle beaucoup des retraités au soleil mais seuls 5% des 50-64 ans pensent aller vivre à l’étranger.

Seulement 6% pourraient aller vivre chez un de leurs enfants. Réaffirmation de leur crainte d’être une charge pour leurs proches.

L’alternative de logement -retraite concerté entre amis qu’on voit poindre ici ou là (les babayagas à Montreuil, Vaux en Velin…)  pourraient être une solution pour un sur cinq mais seulement 3% l’envisagent sérieusement aujourd’hui car c’est évidemment compliqué à mettre en œuvre.

 Les résidences services attirent beaucoup plus que les maisons de retraite (NDLR : le sondage a eu lieu pendant le débat médiatique sur ces établissements) : 36% l’envisageraient contre 9% pour les Ehpad et Ehpad.

Comme leur nom l’indique les services optionnels sont la marque des RSS. Quand on interroge les seniors sur ceux qu’ils leurs seraient utiles, ils mettent l’assistance médicale en premier (89%), puis ceux qui permettent d’éloigner la crainte de la solitude vue plus haut (« faire des activités avec d’autres 80% ») bien avant le service d’un coiffeur à domicile. Les ¾ apprécient les salles de sport intégrées : signe de leur souci de rester en forme.

Leur vie affective : bien mais peut mieux faire.

Nous leur avons demandé « combien d’amis très proches, à qui vous pouvez vous confier et que vous voyez régulièrement avez-vous ? » ils en ont 2,8. Une moyenne qui cache des disparités de vie amicale très fortes : 12% répondent zéro (ce qui ne veut pas dire pas d’amis mais pas d’amis très proches sur qui compter) tandis que 38% en ont 5 et plus.

Même si 65 % se déclarent globalement satisfaits de leur vie amoureuse, 35 % sont dans le cas inverse. Quand on les interroge plus en détail on voit des différences par sexe et par âge.

 18 % des femmes se déclarent « pas du tout satisfaites « contre seulement 8% des hommes. L’insatisfaction augmente avec l’âge. Elle passe de 14% pour les 50-64 ans à 18% chez les 64-75 ans pour culminer à 22% chez les plus de 75 ans sur ce même critère. On peut être insatisfait parce qu’on a une relation insatisfaisante ou parce qu’on n’en pas ou plus.  Des chiffres à mettre en relation avec l’augmentation des divorces tardifs constatée par l’Insee, également avec la solitude des femmes âgées (1 femme de + 70 ans vit seule), et qui laissent penser qu’on ne s’habitue pas avec l’âge à une vie sentimentale insatisfaisante.

Une vie difficile pour ceux qui ont mal dans leur vie amoureuse dont 47% déclarent être près à vivre une relation sentimentale, autant les hommes que les femmes. Et même 44% des plus de 75 ans ! parce que 73% des seniors pensent qu’on peut retomber amoureux après 60 ans. Les 20% qui répondent « je ne sais pas « font sans doute partie des 26 % très satisfaits de leur vie amoureuse.